mercredi 27 avril 2011

A PROPOS DES SONDAGES SUR LES PRESIDENTIELLES 2012


Il ne se passe pas un jour sans que nous ne soyons abreuvés de sondages...
Loin de moi l'idée de les négliger ou de les prendre pour argent comptant. Analysons-les, mais ne les traitons pas, comme certains hommes politiques (en l'occurrence, il s'agit d'une femme) qui, en fonction de la place ou du score que lui accordent les sondages, montrent leur satisfaction ou les dénigrent...

Rappelons-nous qu'un sondage est une photo de l'opinion à l'instant T, que la marge d'erreur est de 2,5% (pour des scores de 20% environ) et qu'il ne prend en compte que des candidats présumés, à côté des rares qui ont déclaré être candidats (M.Le Pen, Montebourg, Mélanchon, Hollande) et de ceux dont l'ambition transpire de tous leurs pores (Sarkozy, Bayrou, Besancenot).

Que peut-on dégager comme enseignement aujourd'hui de ces sondages en rafale?

1- Devant l'avancée de M. Le Pen, il faudrait, vu à ce jour, la devancer pour être présent au second tour (rappelons que seuls les 2 premiers à l'issue du 1er tour sont qualifiés). Mis à part Strauss-Kahn, aucun candidat n'apparait comme sûr de faire plus que la candidate du FN...
Cela pose 2 questions:

- Les candidats de droite et de gauche, supposés leaders (Sarkozy et le candidat PS), n'ont-ils pas intérêt à faire l'unité, chacun de leur côté? Le Président sortant devrait ainsi calmer les ardeurs de Borloo et Villepin. Si cela paraît possible avec le premier, cela semble hautement improbable avec le second, tant la haine de ce dernier est vivace. Si l'un ou l'autre devait aller à Canossa, ce serait contre un poste de 1er Ministre ou un certain nombre de circonscriptions aux législatives (voire des places de sénateurs lors du renouvellement de l'automne au Palais du Luxembourg).
Quant à la gauche, si elle ne veut pas revivre l'expérience Jospin de 2002, elle aurait aussi intérêt à envisager les Présidentielles dans un "continuum" Sénat/gouvernement/Législatives. Si cela paraît difficile avec Mélanchon et Besancenot, cela paraît plus jouable avec les écologistes, pour 2 raisons: les Verts vont souffrir dans le choix Hulot/Joly; ils seront sensibles à des propositions concrètes du PS: un groupe politique dans les 2 chambres, une forte impulsion écologiste dans les politiques socialistes. Reste à "faire avaler "cela à leur base...

- d'ici un an, un candidat peut-il se dégager et apparaître, dès le 1er tour, comme le Président que les Français attendent et auquel ils sont prêts à se rallier, quelles que soient leurs préférences partisanes? A droite, il est manifeste que N. Sarkozy ne sera pas cet homme-là. Je continue à penser qu'il ne sera pas le candidat unitaire de la droite, les parlementaires étant de plus en plus nombreux à se préoccuper de leur siège de député, en cas de fiasco de la droite...Fillon est apprécié des députés et sénateurs, son image n'est pas mauvaise dans l'opinion...Y aura-t-il une révolte parlementaire..?
Même si DSK est haut dans les sondages, que deviendra cette popularité une fois de retour aux réalités politiques françaises? Certes, il n'est même pas sûr qu'il soit candidat, ni même qu'il emporte les Primaires socialistes... Un ticket DSK/Aubry (cette dernière comme 1er Ministre déclarée) pourrait rassembler assez large... dans un deuxième tour, que ce soit contre le FN ou contre la droite. Encore faut-il pouvoir se qualifier pour ce second tour...

2- Quel est l'avenir de notre système électoral de désignation du Président de la République?

2 critiques sont souvent entendues:

- Quid de ce système bicéphale, dont le Président de la République est la figure prééminente, et dont le gouvernement et le Parlement sont "à la botte"? Faut-il un Président " à l'américaine", seul chef de l'exécutif, mais dont les pouvoirs sont bordés par les Chambres, ou un Premier Ministre responsable devant le législatif, avec un Président plus procolaire (système allemand par exemple)? Notre système actuel, dans lequel le Président a tout pouvoir,  ne satisfait personne. Imaginons même un cas de blocage (comme le furent en partie, les périodes de cohabitation) où la droite emporterait les présidentielles, et où, aux législatives, le FN serait en tête (cas absurde, je vous l'accorde...), par le jeu du report, au second tour, des voix de droite...Le Président nommerait-il M. Le Pen 1er Ministre ou préférerait-il choisir un Premier Ministre d'union nationale (droite et gauche réunies...)? Dans les 2 cas, le système ne fonctionnerait plus, le Président et le 1er Ministre risquant l'affrontement...

- Certains (notamment Terra Nova, le cercle de réflexion du PS. Voir: http://www.tnova.fr/sites/default/files/synthese-primaire.pdf ) s'interrogent sur la pertinence d'un système électoral qualifiant M. Le Pen au second tour, alors que les sondages actuels la donnerait battue au premier tour, dans toutes les hypothèses...On parle beaucoup d'un système dit de "jugement majoritaire", à un tour, dans lequel on noterait les candidat, le gagnant étant celui qui aurait recueilli le plus de préférences positives. Cela paraît compliqué et de toutes les façons trop novateur pour des électeurs tellement habitués aux systèmes de report de voix dans un second tour d'élection...Néanmoins si l'interrogation demeure, il vaut certainement mieux trouver une solution aux raisons de l'émergence du FN, que d'essayer d'en gommer les effets...

7 commentaires:

  1. QUI A FAIT MONTER L EXTREME DROITE? LOCALEMENT ET NATIONALEMENT?

    RépondreSupprimer
  2. Le 1er tour sera un vote-sanction.

    Nous sommes a 48% sur HB pour le FN.

    Et si plus de 50% décidaient de sanctionner a au 1er tout de la présidentielle, sachant que de toute manière, les législatives 1 mois plus tard rectifieraient le tir ?

    Si j'étais Marion LePen, je communiquerais en ce sens...

    Merci le PS62 !

    J.

    RépondreSupprimer
  3. A J

    En extrapolant le résultat de la cantonale, le FN est à plus de 55% sur HB!

    RépondreSupprimer
  4. Et en l'extrapolant à la France entière ?

    RépondreSupprimer
  5. Les circonstances héninoises sont quand même spécifiques: la référence est celle des municipales de 2009...et on compare HB avec HB

    RépondreSupprimer
  6. Pouvez vous m indiquer la date du conseil municipal? merci

    RépondreSupprimer